Les Alternatifs Isère

Le PCF s’éclate

Politis 28 janvier 2010
dimanche 31 janvier 2010

Le 14 mars, les électeurs auront, dans plusieurs régions, le choix entre des candidats communistes engagés sur des listes concurrentes. Un phénomène révélateur de la crise existentielle de ce parti.

Extraits de l’article à lire dans l’hebdomadaire.

Sous les lignes fluides et bien lisses de son siège national, place du Colonel-Fabien, dessiné par l’architecte Oscar Niemeyer, le Parti communiste cache de plus en plus difficilement les herbes folles qui l’envahissent. Car le temps où le PCF n’avait qu’une seule ligne est définitivement révolu. Il n’est pas rare de trouver, dans une même région, des candidats communistes sur deux, voire trois listes.(...)

L’indiscipline n’est pas seulement le fait d’élus communistes soucieux de préserver leur siège en restant dans le sillage du PS. Dans au moins trois des cinq régions où le PCF s’est placé sous l’aile protectrice des socialistes, des communistes seront candidats sur des listes de la gauche de gauche. C’est le cas en Bretagne. En Bourgogne aussi, où le PCF de l’Yonne devrait s’engager sur une liste NPA-PG qui comprendrait des communistes identifiés dans trois des quatre départements de la région. Et également en Lorraine, où des communistes hostiles au ralliement au PS s’apprêtent à fournir le gros des troupes d’une liste « Front lorrain de gauche ». Constituée avec le PG et la Gauche alternative, elle sera dévoilée samedi. « Depuis le congrès de Martigues [en 2000], explique un candidat probable, les communistes ont la liberté de faire les choix qui leur semblent les plus justes, y compris de manière publique. »

La reconnaissance de cette liberté n’avait toutefois jamais abouti à une situation aussi cacophonique. Ni souligné à ce point la perte d’autorité de la direction nationale du PCF. Ici, elle n’autorise pas les dix colistiers de la liste Auxiette à porter l’étiquette PCF mais n’envisage pas de mettre en congé de parti ou d’exclure ces dissidents. « Tous les communistes sont dignes, ça fait vingt ans que le parti n’a pas exclu », signale Francis Parny, dans Ouest-France (23 janvier). Ailleurs, au nom de cette même dignité, elle défend la désignation à une place éligible d’un conseiller régional sortant, Patrice Voir, adjoint à la mairie de Grenoble, ville gérée avec le MoDem et des amis de l’ex-maire RPR Alain Carignon, intégrés à la majorité municipale par le socialiste Michel Destot. Cela sans prendre garde au « sérieux problèmes de cohérence politique et de lisibilité de la démarche » d’une liste qui, comme les autres listes « Ensemble », est fondée notamment sur le « refus de toute alliance avec le MoDem », note la FASE, qui s’est retirée de la liste en Rhône-Alpes.

« Il n’y a plus de cohérence nationale », déplore Gilles Alfonsi, membre du conseil national du PCF. Pour cet animateur de l’Association des communistes unitaires, « la direction du PCF, après avoir demandé de respecter les choix différenciés des fédérations communistes pour ne pas faire exploser le parti, est désormais contrainte de justifier l’acceptation de son éclatement ». Il en résulte ; selon lui, « une nouvelle accentuation de la crise existentielle » du PCF. Une crise qu’aucun bon résultat électoral ne parviendra à gommer totalement.


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