Les Alternatifs Isère

Non aux expulsions de populations Rroms de l’agglomération de Grenoble

Un silence fracassant
vendredi 20 août 2010

Après l’évacuation, puis le saccage le 19 août d’un campement de Rroms à Saint Martin d’Hères près de Grenoble , nous nous associons au communiqué du 31 juillet de l’association Romeurope qui fait suite à la chasse ouverte par Sarkozy aux "gens du voyage" et aux roms dans un amalgame significatif.

La caricature de politique qu’actuellement la France subit n’est pas tracée par le seul Nicolas Sarkozy. Le Président, au plus creux dans les sondages, éclaboussé par effets de l’affaire Woerth-Bettencourt et consorts, est accompagné, soutenu, inspiré par de multiples "conseillers" qui préfèrent le pire à l’échec et sont près à enfoncer le pays dans la guerre civile, s’il le faut, plutôt que de perdre l’élection présidentielle.

Ainsi faut-il lire les événements qui surgissent, en plein été, et qui transforment les Roms et "gens du voyage" en boucs émissaires d’une politique ultra sécuritaire qui n’a rien à envier à celle que préconise le Front National.

Que, dans le même temps, le Conseil Constitutionnel doive, sous la critique des institutions européennes, reconnaître que la pratique de la garde à vue, en France, n’est pas constitutionnelle (mais l’était-elle, auparavant, et pourquoi cette reconnaissance tardive ?) est caractéristique d’une contradiction majeure : le pays des Droits de l’homme ne l’est plus.

La multiplication effarante des gardes à vue, hors de la présence des avocats, à l’origine d’aveux parfois extorqués, comme plusieurs affaires judiciaires l’ont récemment révélé, concerne aussi des Roms, un peu trop vite considérés comme des délinquants présumés, tout simplement parce qu’ils sont des Roms. La chasse au faciès ne les épargne pas.

Nombre d’associations, d’organismes engagés auprès des "gens du voyage" (comprendre, pour faire simple, les Tsiganes français, car ce mot "gens", sans singulier ni féminin, est discriminatoire !) s’élèvent contre ces amalgames, ces propos néoracistes qui entourent cet appel dévastateur à la chasse au Rom qu’il soit de France ou venu en France. La Ligue des Droits de l’Homme dénonce le "retour aux années 1930". Le propos est cinglant. Il est fondé.

Pourquoi, alors, tant de timidité dans les critiques de la gauche française ? L’électoralisme cynique de l’UMP inspirerait-il, aussi, les discours des aspirants à l’alternance ? Aucune tendresse, il est vrai, ne préexistait dans les comportements des élus locaux, vis à vis des populations qui se refusent à "s’intégrer" (c’est-à-dire qui persévèrent dans leur refus de vivre comme nous !). Des maires PS, notamment, se félicitent, sans le crier sur les toits, de la politique du gouvernement même quand elle consiste à jeter des familles à la rue sans qu’aucune solution de remplacement ne soit proposée si ce n’est "l’éloignement" (en clair : aller se faire voir ailleurs, où que ce soit si l’on est français, en Roumanie et en Bulgarie si l’on est de cette catégorie d’Européens-là : les Roms).

Il est temps de durcir non seulement le ton mais l’action. Il faut obtenir le respect des personnes humaines traitées comme des choses ou des bandits de grand chemin, quoi qu’ils fassent, où qu’ils aillent... Le pauvre est devenu haïssable. Au lieu de chercher à améliorer une situation, on cherche à la supprimer. L’affaire est grave : elle peut conduire au meurtre, au pogrom, à la haine encouragée et développée auprès des esprits faibles ou des désespérés qui cherchent des coupables pour expliquer leurs malheurs !

Il n’est plus question seulement de rechercher les moyens de soutenir des familles au quotidien. Il s’agit, purement et simplement, de savoir qui accepte et qui refuse que vivent en France nos concitoyens vivant en habitat mobile et nos compatriotes européens ayant le droit de circuler en Europe mais pas celui de s’y arrêter ! Il est temps de se compter, non en attendant le verdict des urnes, mais, tout de suite, en interpellant ceux qui ont à parler pour dire dans quel pays nous voulons vivre ! Cette fois, osons parler de notre identité nationale : elle est européenne et incompatible avec la "chasse au Rom" qui pourrait bien précéder, comme jadis, d’autres chasses à l’homme : au désobéissant, à l’altermondialiste, au partageux, à l’immigré bien sûr...

Le réalisme le plus brutal s’exprime ainsi : peut-on, en 2010, si l’on n’a ni ressources, ni toit, ni emploi, se regrouper pour tenter de survivre ensemble, avec de quoi boire et se laver, disposer de latrines et de poubelles ? Toute politique qui fait passer, après ces évidences matérielles, des considérations quelconques est une politique meurtrière qui débouchera, tôt ou tard, sur des violences intercommunautaires, très exactement ce que les bons apôtres électoralistes prétendent vouloir éviter.

Le 31 juillet 2010 www.romeurope.org


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