Les Alternatifs Isère

Vivre pour travailler ou travailler simplement pour vivre ?

tract des Alternatifs-Isère du 7 septembre 2010
mercredi 8 septembre 2010

Combien d’ouvriers sont décédés dans l’année qui a suivi leur mise à la retraite, alors qu’ils avaient trimé dès le plus jeune âge ? Aussi, il faut une politique qui n’oblige pas de perdre sa vie à la gagner. Le projet du gouvernement d’augmenter à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite est contraire à cet objectif. De plus, il est contraire aux promesses électorales du candidat Sarkozy.

L’augmentation constante de la productivité devrait permettre de travailler moins en gagnant autant, d’avoir plus du temps pour ses loisirs, pour se cultiver, pour la participation citoyenne…
De plus, augmenter l’âge de la retraite, c’est barrer la route aux jeunes, si nombreux au chômage.
Puisque déjà actuellement la majorité (58,5%) des salariés au moment de leur soixantième anniversaire ne travaillent déjà plus, on peut penser que l’augmentation de 2 ans de l’âge de la retraite aura surtout comme effet de faire baisser les pensions de retraite. La situation deviendra dramatique lorsque les générations ayant fait de longues études ou ayant connu de longues périodes de chômage non-indemnisées prendront leur retraite.

Une réforme équitable ?

Le gouvernement nous dit qu’il fait sa réforme pour remédier de façon équitable au déficit des caisses. Or, cette réforme prévoit 19 fois plus de recettes provenant des économies demandées aux salariées que celles provenant des prélèvements sur le capital et 10 fois celles provenant de la réintroduction de charges sociales patronales2. Quand on sait que les gouvernements successifs ont, depuis des années, réduit considérablement les prélèvements auprès des entreprises (suppression de charges sociales, suppression de la taxe professionnelle, baisse de l’impôt sur les bénéfices des entreprises), sur le patrimoine (baisse des impôts sur les successions), sur les hauts revenus (baisse des hautes tranches de l’impôt sur le revenu, bouclier fiscal), on se dit qu’il se moque de nous. Et c’est cette politique de baisse des prélèvements sur les riches qui provoque les déficits actuels. Alors, que le gouvernement commence par supprimer tous ces cadeaux aux riches !
De plus, en faisant abstraction des impôts, il faut savoir que les dividendes n’ont cessé d’augmenter depuis trois décennies : en effet, de 1982 à 2009, leur part dans le PIB est passé de 3% à 8%. La possession d’actions étant extrêmement inégalitaire, cette évolution n’a fait qu’augmenter les inégalités. Ces revenus doivent donc être utilisés pour réduire le déficit des caisses.
Enfin cette réforme ne s’attaque aucunement à l’inégalité que subissent les femmes par rapport aux hommes en matière de retraite : en moyenne leurs retraites ne sont que 56% de celles des hommes*.
L’affaire Bettencourt montre comment cette politique de cadeaux faite aux riches est le résultat des lobbies de ces derniers. À côté de cette histoire, combien d’autres malversations sont-elles inconnues ? Les corrompus et les corrupteurs, qui sont des acteurs antisociaux, doivent être condamnés à de lourdes de peines

Un combat européen

La politique de baisse des impôts sur les riches a été pratiquée au niveau européen. Ce qui provoque aujourd’hui l’endettement des États, dont les gouvernements, qu’ils soient socialistes ou de droite, cherchent à réduire les déficits, non pas en rétablissant ces impôts, mais en pressurisant les peuples. C’est dans ce cadre qu’il faut situer la réforme française des retraites. Mais d’autres peuples comme celui de Grèce subissent des attaques beaucoup plus fortes que celle sur les retraites françaises. Et comme cette réforme serait loin d’éliminer le déficit budgétaire de l’État français, si elle réussit, il faut s’attendre à d’autres attaques. Stopper cette réforme est donc une priorité.

Des retraites dans un monde vivable

Pour les Alternatifs, la protection de l’environnement est une priorité. En effet, à quoi servirait de vivre longtemps si c’est pour vivre dans un monde invivable ? Aussi, il serait dommageable de baser le paiement des retraites sur la croissance qui aurait comme conséquence le dérèglement climatique, la gestion impossible sur des millénaires des déchets nucléaires, la pénurie d’eau potable… Alors, il faut, certes, maintenir les retraites mais par le partage des richesses, par l’instauration d’un revenu maximum.

Les Alternatifs-Isère
42 rue St-Laurent 38 000 Grenoble
Tel. 04 76 24 13 31
Courriel : 38@alternatifs.org
Site : www.alternatifs.org/38/

* Chiffres de 2004


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